DeepFoil, deux diplômés ENSTA réinventent l’exploration sous-marine

Alumni, Innovation Ingénierie marine
©T. Keroullé

Diplômés en architecture et hydrodynamique navale, Emillia Perdigon et Paul François ont imaginé le DeepFoil, une aile sous-marine volante qui permet de se mouvoir avec aisance sous l’eau. Porté par l’engouement du public et le soutien d’investisseurs, leur projet s’apprête à conquérir les mers et les marchés.

Du sous-marin au DeepFoil

Alors qu’ils entament leur début de carrière professionnelle, dans les énergies marines renouvelables pour Emillia Perdigon et dans la recherche en discrétion sous-marine acoustique pour Paul François, ils imaginent un concept de petit sous-marin à 2 places. 

Quand on regarde un sous-marin c’est un dirigeable à l’envers. On a donc cherché à s’inspirer de ce principe en associant manœuvrabilité et légèreté

Paul François Co-créateur du DeepFoil, entreprise Nereïs Ocean

Le projet d’Hydronef séduit rapidement la Marine Nationale et le ministère des Armées français mais après quelques mois de recherche et développement, Paul et Emilia se heurtent au business model du projet. Le coût de production de l’hydronef ne permet pas d’envisager une commercialisation dans le secteur civil. La technologie n’est pas duale et ne pourra donc pas être rentable. 

Mais l’idée est là et Emilia et Paul sentent que l’exploration marine est un rêve pour beaucoup. Alors, ils réinventent leur projet et le simplifient.   

« Chaque fois que l’on parlait du projet on sentait un intérêt. On s’est dit qu’on avait peut-être imaginé quelque chose de trop compliqué. On a donc tout simplifié, en gardant uniquement le principe du foil ».

Emilia Perdigon Co-créatrice du DeepFoil, entreprise Nereïs Ocean

Le pari de la simplification

Les deux créateurs imaginent et développent un premier prototype de foil qu’ils essaient en août 2024. Les premiers essais confirment l’intuition : « Avec le DeepFoil à bout de bras, on a vraiment l’impression de voler sous l’eau, simplement en palmant ».

En juin 2025, après quelques ajustements, ils décident de tester l’intérêt du public pour leur produit. 

« On a diffusé un communiqué de presse qui a été publié dans des éditions locales du Ouest France et du Télégramme. En 5 jours, on a vendu plusieurs exemplaires du DeepFoil. Cela nous a convaincu. On a fermé la vente et mis en place une liste d’attente. En juillet, il y avait déjà plusieurs centaines de personnes en liste d’attente ». 
 

©T. Keroullé

Ensuite, ils se concentrent en simultané sur la recherche de fonds et l’outil de production. Progressivement, tous les indicateurs passent au vert.

Leurs proches sont les premiers investisseurs. Leur banque locale les soutient également. Puis, c’est au tour de l’émission « Qui veut être mon associé ? » de les contacter et de les inviter à déposer un dossier.

« Ils avaient entendu parler du DeepFoil suite à un reportage de France 3 Bretagne. Nous étions en phase de levée de fonds avec un objectif de 350 000 euros comprenant le moule, du stock, le dépôt de brevet… et il nous restait encore 40 000€ à trouver. Finalement, notre projet a été sélectionné par l’émission et il a convaincu 4 investisseurs ».

Ce passage à la télé leur offre une belle visibilité, un temps précieux d’échange avec des experts et l’engagement de deux business angels dans leur projet. En parallèle, ils identifient une entreprise en Vendée qui se chargera de la production à grande échelle.
 

Une histoire qui ne fait que débuter

©T. Keroullé

Aujourd’hui, l’équipe s’est agrandie. Emilia et Paul ont recruté deux spécialistes du marketing et de la communication.

« L’enjeu du moment est la commercialisation et nous ne pouvions pas être sur tous les fronts. Nous avons toutes les compétences pour la partie conception et industrialisation. L’ENSTA nous a très bien formé à la conception de foils et même à la gestion de projets mais on maîtrisait beaucoup moins les sujets de Léa et Julie ».

 

Depuis le mois d’avril, le DeepFoil est proposé dans les enseignes Decathlon en Bretagne. Des discussions sont en cours pour le secteur Méditerranée. Progressivement, la commercialisation va s’étendre hors du territoire métropolitain : dans les départements et régions d’outre-mer puis à l’international.
 

Dans un petit carnet, Emila et Paul notent régulièrement leurs inspirations avec l’envie de faire grandir Nereïs Ocean. Le DeepFoil n’est qu’un commencement. 

« On aime passer du temps dans l’eau, c’est un élément important dans notre vie de tous les jours. On a encore plein d’idées pour développer l’entreprise, pour continuer à innover et proposer une gamme de produits connectée à l’océan.»

Pour suivre leur aventure, rendez-vous sur le site Internet de Nereïs Ocean

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