Joséphine Monzac, la physique passionnément

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Joséphine Monzac et la formule d'Euler

Faire une école d’ingénieur est-il le meilleur chemin vers la recherche ? C’est en tout cas celui que suit Joséphine Monzac, ENSTA 2021 qui vient de soutenir sa thèse de doctorat, comme environ un tiers de chaque promotion du cycle généraliste de l’École.

À l’issue de ses classes préparatoires au lycée Pierre de Fermat de Toulouse, Joséphine Monzac choisit d’intégrer l’ENSTA car l’École propose un cycle généraliste parmi les plus fournis en physique et en maths.

Passionnée de physique depuis sa prime jeunesse, Joséphine Monzac trouve à l’ENSTA de quoi étancher sa soif de connaissances scientifiques pointues, au point de se distinguer lors du prestigieux tournoi international des physiciens (IPT) où son équipe, entraînée par le professeur Jérôme Perez, décroche la première place de la sélection française.

Avant même d’avoir son diplôme en poche, Joséphine Monzac se pose la question de la suite et envisage toutes les hypothèses.

« De ce que j’avais vu pendant mes stages ou en discutant avec d’anciens élèves, j’ai compris que les ENSTA pouvaient être très rapidement amenés à prendre des responsabilités managériales. En soi c’est très appréciable que le diplôme ENSTA soit autant valorisé dans le monde du travail, mais personnellement je préférais continuer à faire de la physique. L’idée de poursuivre en thèse a donc naturellement fait son chemin dans mon esprit. »

Après une troisième année effectuée en substitution dans le parcours d’approfondissement en physique de l’École polytechnique, Joséphine Monzac se sent parfaitement armée pour entamer une thèse de doctorat. Ce sera au Laboratoire d’optique appliquée, un des laboratoires de l’ENSTA (CNRS-ENSTA-École polytechnique-UMR 7639) et sous la direction de Jérôme Faure.

Joséphine Monzac à côté de l'identité d'Euler, que Richard Feynman considérait comme la formule la plus remarquable des mathématiques

Un des sujets de recherche du LOA, c’est l’accélération laser-plasma, une des grandes promesses d’application des lasers pour les prochaines décennies. L’idée est de faire interagir un laser ultra court avec un plasma (état de la matière où les électrons sont séparés des atomes) pour accélérer des électrons à une vitesse proche de celle de la lumière sur une distance extrêmement courte, de l’ordre du centimètre. Cette fantastique capacité d’accélération dépasse très largement celle des accélérateurs de particules classiques, lesquels demandent encore aujourd’hui plusieurs dizaines de mètres d’accélération pour parvenir au même résultat.

Principe de l'accélération laser-plasma développée au LOA

Ce principe, proposé pour la première fois par les chercheurs Tajima et Dawson en 1979, est aujourd’hui un sujet de recherche très actif, avec un record d’accélération d’électrons à des énergies de 8 giga-électronvolts atteint en 2019. Le LOA s’impose déjà comme l’un des laboratoires leaders dans ce domaine, et son futur centre Laplace, actuellement en construction, se veut le prochain fer de lance pour les accélérateurs laser-plasma. Cependant une limite des accélérateurs laser-plasma est aujourd’hui leur faible cadence comparée à celle des accélérateurs traditionnels. C’est précisément sur cette question que portait la thèse de Joséphine Monzac, avec en ligne de mire la possibilité d’accélérer un faisceau d’électrons 1000 fois par seconde.

Les travaux de Joséphine Monzac ont permis d’améliorer les performances de l’accélérateur laser-plasma haute cadence « Salle Orange » du LOA. L’énergie des électrons produits est passée de 3 à 7 MeV tout en gardant une cadence kHz en utilisant un plasma d’hydrogène au lieu d’azote, avec une très bonne explication du mécanisme provoquant ce gain lors du changement de gaz.

Les bonnes performances en stabilité, en énergie et les hauts taux de répétitions atteints ont permis de produire une première image de diffraction d’électrons, ouvrant la voie à une méthode d’investigation inédite de l’organisation et du comportement des matériaux à l’échelle atomique. Il devient alors possible de déterminer la structure des matériaux, connaître la position des atomes, identifier les phases cristallines, et de ce fait détecter d’éventuels défauts.

Depuis l’obtention de son doctorat, Joséphine Monzac a débuté un contrat de post-doctorat au Laboratoire Plasma et Conversion d’Énergie de Toulouse. Elle y poursuit son exploration passionnée de la physique expérimentale et plus particulièrement des plasmas, dans le cadre de la propulsion spatiale par moteurs plasma très économes en carburant, ce qui est un facteur clé pour les missions spatiales de longue durée.
 

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