Julie Meunier, contre vents et marées

Alumni, Recherche Ingénierie marine
Julie Meunier sur la coursive du campus Paris-Saclay de l'ENSTA

Récompensée en octobre 2025 par le prix Jeunes Talents L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science pour ses travaux de thèse en océanographie physique, Julie Meunier n’a pas oublié l’étape déterminante qu’a été son cursus d’ingénieur généraliste à l’ENSTA dans son parcours de jeune chercheuse.

Longtemps Julie Meunier a rêvé d’espace, d’étoiles et de planètes géantes, avant de prendre conscience du fait que notre petite planète bleue était en réalité le plus formidable des vaisseaux spatiaux, mais qu’il devenait urgent de le réparer.

« Dès le lycée, j’ai commencé à avoir un certain attrait pour la physique. Je lisais quantité de revues de vulgarisation, et je prenais des notes en essayant de mémoriser certaines notions » se souvient-elle.

« A partir de cet intérêt, j’ai su assez vite que je voudrais faire de la recherche plus tard. Au début j’avais l’idée de partir directement à la fac pour faire de la physique puis de l’astrophysique. Mais j’ai été rapidement convaincue que faire précéder sa passion pour la recherche par un diplôme d’ingénieur généraliste était une bonne idée qui pouvait apporter autant de satisfactions sur le plan scientifique, pour peu qu’on choisisse la bonne école. »

Après avoir fait toute sa scolarité depuis le primaire à Aulnay sous bois, c’est au Lycée Saint Louis de Paris que Julie Meunier est admise en classes préparatoires.

« En deuxième année, j’ai eu la chance d’avoir un professeur de physique passionnant, Olivier Joachim. Il sait faire visualiser à ses élèves des notions très complexes ayant trait à la physique fondamentale, notamment en physique des fluides. Je ne connaissais pas du tout ce champ de recherche, mais grâce à sa façon de nous le présenter, j’ai commencé à avoir des intuitions sur ce genre de systèmes et leur fonctionnement. Je trouvais ça très beau de décrire un fluide en passant par la physique. J’étais toujours passionnée par l’astrophysique, mais mon intérêt pour la mécanique des fluides grandissait. »

Apprenant le souhait de Julie Meunier de faire une carrière dans la recherche, Olivier Joachim lui mentionne l’ENSTA comme une des écoles d’ingénieurs proposant un tronc commun suffisamment solide en sciences pour lui permettre de poursuivre en thèse.
 

« J’ai suivi ses recommandations et je n’ai pas été déçue ! J’ai trouvé le tronc commun de première année de l’ENSTA très bien fait, je m’y retrouvais complètement entre les mathématiques appliquées, la physique et la mécanique. J’avais également pris l’option de relativité restreinte et générale, que j’ai trouvée particulièrement intéressante. Mais la grande révélation, qui a confirmé mon intérêt éveillé en prépa, ça a été la mécanique des fluides avec Sabine Ortiz, qui donne énormément de son temps et de son attention aux élèves. Je me souviens aussi de la présentation de Romain Monchaux au pôle de mécanique, qui nous a montré tout ce qui se faisait en recherche à l’ENSTA dans le domaine. »

Julie Meunier dans le grand hall du campus Paris-Saclay de l'ENSTA

En deuxième année, Julie Meunier choisit tout naturellement de s’orienter vers la modélisation en mécanique, puis décide pour la suite de faire un double diplôme à l’international à KTH, l’École royale polytechnique de Suède partenaire de l’ENSTA, avec une spécialisation en aérospatial.

Elle enchaine avec un stage de recherche de fin d’études (« master thesis ») dans le domaine de la physique des fluides et de leur modélisation, et trouve un stage au CEA où elle s’émerveille devant la prodigieuse machinerie atmosphérique des planètes géantes, en particulier celle de Jupiter. Elle y découvre que les principes physiques à l’œuvre dans la description de l’atmosphère d’une géante gazeuse sont finalement les mêmes pour n’importe quel fluide autour d’une planète.

Reconstitution du survol de Jupiter par la sonde spatiale Juno

« C’est comme cela que je suis revenue sur Terre : avec l’urgence climatique, j’ai pris conscience du fait que la physique des fluides pouvait apporter beaucoup en matière de compréhension de l’évolution du climat. L’idée de mon sujet de thèse au CEA, l’influence des tourbillons sur l’évolution des océans, s’est rapidement imposée. Les tourbillons jouent en effet un rôle dans la capacité des océans à transporter le carbone et les nutriments. »

Alors qu’elle s’apprête à partir pour un post-doctorat à Cambridge, la nouvelle de l’obtention du prix Jeunes Talents L’Oréal-UNESCO pour les femmes et la science a comblé la jeune docteure en océanographie physique.

 

« J’en ai ressenti une très grande fierté, et aussi beaucoup de gratitude pour celles qui ont obtenu ce prix avant moi : elles ont été des modèles et des sources d’encouragement dans mon parcours pas toujours simple de jeune femme souhaitant devenir chercheuse dans un milieu très masculin. Je suis très touchée par la perspective de pouvoir à mon tour jouer ce rôle aujourd’hui. »
 

Julie Meunier. Crédit : Fondation L'Oreal

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