Au lac de Guerlédan, élèves-hydrographes et roboticiens expérimentent

École, Formation Ingénierie marine

Chaque année, pendant une semaine, en octobre puis en mars, les élèves en formation d'ingénieur généraliste à l’ENSTA des spécialisations « hydrographie-océanographie » et « robotique autonome » se retrouvent sur les rives du lac de Guerlédan. En petits groupes, ils mènent des projets scientifiques innovants.

Cette première semaine d’expérimentation au lac de Guerlédan représente un temps fort pour les étudiants qui peuvent ainsi mettre en pratique leurs connaissances et les confronter à la réalité du terrain, mais aussi pour les enseignants et chercheurs qui partagent leurs problématiques de recherche. 

Luc Barast Ingénieur de recherche, en charge de l’organisation de la semaine de terrain à Guerlédan

Pour cette édition 2026, 60 étudiants ont fait le déplacement, encadrés par une trentaine de chercheurs et d’ingénieurs, en présence de partenaires industriels et académiques. Ils ont travaillé par groupe de 3 à 6 élèves sur 15 projets pouvant être spécifiques à la robotique, à l’hydrographie-océanographie ou pouvant combiner les deux disciplines.

Les problématiques qui leur sont confiées sont variées. Elles impliquent, par exemple, de calibrer des capteurs, les tester, relever des données in situ afin de les confronter à des sorties de modèles, ou encore de prendre en main un drone et d’enregistrer des données de navigation pour pouvoir le rendre autonome.

Focus sur 4 projets :

Suivi du niveau d’eau du lac (hydrographie-océanographie)

Ce projet a pour objectif le suivi des variations du niveau d’eau du lac : un enjeu fort à l’échelle de la planète, les lacs constituant le plus grand réservoir d’eau douce accessible. Pour cela, le groupe a dû déployer plusieurs systèmes de mesures in situ (marégraphes, systèmes GNSS, ...). La suite du travail consistera à analyser et traiter les données et les comparer avec les données des satellites altimétriques de la zone. Le projet est encadré par des enseignants-chercheurs de l’ENSTA ainsi que trois partenaires : le SHOM et les entreprises Vortex-Io et Noveltis.

Positionnement de drones sous-marin (robotique)

Sans GPS, différentes stratégies peuvent être mises en œuvre pour permettre au drone sous-marin (AUV) de se repérer et réaliser ses missions de manière sécurisée. Dans le cadre de ce projet, un groupe composé d’étudiants en robotique et d’étudiants en hydrographie expérimente une méthode de “navigation référencée terrain” consistant à comparer des mesures sonar faites par le robot à une carte bathymétrique du lac. Pour cela, les étudiants développent un filtre particulaire permettant d’estimer les positions du robot les plus probables, sur la carte du lac. L’enjeu est de permettre au robot d’affiner son positionnement sans avoir à remonter à la surface.  

Suivi des variations hydrologiques du lac par fibre optique (hydrographie-océanographie)

Les réseaux de fibres optiques sont largement déployés sur terre et dans les mers pour assurer la transmission de données web à très haut débit, mais ces câbles peuvent également mesurer des informations utiles au suivi environnemental. L’enjeu de ce projet est de combiner aux méthodes traditionnelles (mouillages, chaînes de capteurs…) des mesures par fibres optiques pour identifier les variations de température de l’eau du lac. Il est encadré par une enseignante-chercheuse de l’ENSTA ainsi que 2 partenaires : l’Ifremer et le CNRS. 

Navigation de drone sous-marin par familiarité visuelle (robotique)

Certaines fourmis présentes dans le désert évoluent grâce à leur mémoire visuelle panoramique de faible résolution. Ce projet bio-inspiré vise à adapter cette stratégie au domaine de la robotique sous-marine pour permettre au robot de retracer sa route par familiarité visuelle. L’enjeu est de proposer un modèle simple, robuste et économe pour la navigation maritime autonome.

Du suivi du niveau d'eau à la navigation bio-inspirée, ces projets permettent aux étudiantes et étudiants d’apprendre par l'expérimentation, de se confronter aux imprévus du terrain, de gérer les contraintes… autant de compétences essentielles à leur futur métier d’ingénieur. 

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